
Martin Ott
Le rapportd'une société à ses bases naturelles de vie se reflète dans la manière dont elle organise et développe son alimentation.
La disparition des espèces, la perte de biodiversité, la mauvaise alimentation, le changement climatique, les coûts de la santé, la sécurité alimentaire et lapolitique agricole sont tous liés et interdépendants.
La transformation réussit lorsque l'initiative "Pour une alimentationsûre" est acceptée comme interdépendante des défis supérieurs.
En moyenne, 20% des revenus des exploitations agricoles suisses proviennent directement desources publiques. De plus, des fonds supplémentaires sont alloués au systèmede formation et de recherche agricole ainsi qu'à l'ensemble de la chaîne decréation de valeur, du champ à la fourchette. Bon nombre de ces subventions et aides vont à l'encontre d'une transformation urgente et nécessaire du système alimentaire et consolident ainsi des développements erronés. Ces fausses incitations sont en fin de compte dirigées contre l'agriculture et sa base naturelle. Avec notre initiative "Pour une alimentation sûre", nousvoulons contribuer à résoudre ces contradictions et à mettre fin au blocage dela politique agricole.
L'agriculture n'a pas le droit en soi d'être encouragée par l'État pour des pratiques et des investissements qui génèrent des coûts et des dommages. Mais elle a le droit d'obtenir des lignes directrices claires pour sa propre organisation entrepreneuriale, afin d'y être diversifiée, privée et innovante.
L'initiative conduit à ces lignes directrices claires, dans la mesure où la Confédération, en tant que responsable de la politique de promotion de l'agriculture, remplacetoutes les aides qui vont à l'encontre de la transformation et les réoriente enconséquence. Ainsi, la souveraineté alimentaire devient la souveraineté agricole. Elle sort de sa dépendance interne en tant que jouet des intérêts et des exigences pour devenir un futur pilier conscient de la cohabitation del'homme et de son environnement.