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Arguments

Pourquoi l'Initiative pour une alimentation sûre est-elle nécessaire ?

Arguments
Conséquences
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Comité d'initiative

Notre approvisionnement
alimentaire dépend aujourd'hui à 50% de l'étranger.

Avec un taux d’auto-approvisionnement de seulement 42 %, l’agriculture suisse ne peut pas garantir l’approvisionnement de la population en cas d’interruption des importations, que ce soit en raison de guerres, de conflits commerciaux ou d’événements climatiques extrêmes. Ce faible taux d’auto-approvisionnement montre que l’agriculture suisse n’est en aucun cas préparée à nourrir la population en temps de crise ou de pénurie à partir de sa propre production, comme l’exige l’art. 102 Cst. (approvisionnement du pays). Une étude publiée dans Recherche Agronomique Suisse, intitulée « Vers une augmentation significative du degré d’autosuffisance avec un moindre impact environnemental », montre par ailleurs que même un taux d’auto-approvisionnement net supérieur à 100 % est réalisable.

60 % de nos terres arables servent à la culture de fourrage pour animaux plutôt qu’à la production de denrées végétales destinées à nous, êtres humains.

Cette culture fourragère est la principale raison pour laquelle nous dépendons à plus de la moitié de l’étranger pour notre approvisionnement en denrées alimentaires, qui ne serait d’ailleurs plus garanti en cas de suppression des importations. En cultivant sur ces surfaces des denrées alimentaires végétales, telles que les légumineuses, les céréales et les légumes, au lieu de fourrages, il serait possible de produire plus de dix fois plus de calories pour la population suisse, ce qui permettrait d’augmenter le taux d’auto-approvisionnement.

Production laitière et carnée basée sur les herbages

En raison de latopographie, les deux tiers de la surface agricole utile sont des prairies, des pâturages et des surfaces d'estivage. C'est pourquoi la production de lait et de viande basée sur les herbages est fortement ancrée en Suisse. Cette production de lait et de viande constitue un élément fixe et essentiel de la sécurité alimentaire de la population suisse.

75 % des subventions agricoles soutiennent la production animale.

Aujourd'hui, 75 % des 3,6 milliards de subventions agricoles soutiennent la production animale. La Confédération influence et favorise massivement la production et la consommation de denrées alimentaires d'origine animale par rapport aux denrées d'origine végétale.

Notre approvisionnement en eau potable est menacé par le changement climatique, les pesticides et le lisier.

La sécurité de l’approvisionnement en eau potable est étroitement liée à la sécurité alimentaire. Pourtant, à ce jour, il n’existe aucune planification nationale pour notre approvisionnement en eau alors que cela semble être une évidence pour l’énergie, l’électricité, les transports et bien d’autres domaines. La Confédération ne sait pas combien d’eau la Suisse consomme, ni quelle quantité elle a réellement à disposition. Un tel pilotage à l’aveugle de l’approvisionnement en eau est irresponsable. Depuis l’été 2003 au moins, nous savons à quelle vitesse le changement climatique avec ses vagues de chaleur, ses sécheresses, l’absence de pluie etde neige peut transformer, même en Suisse, l’eau potable et celle utilisée pour la production alimentaire en denrées rares. À cela s’ajoute le grave problème du manque de protection, depuis des décennies, des ressources en eau potable. Elle entraine la fermeture de captages d’eau potable à cause du dépassement des valeurs limites pour les nitrates et les pesticides. La pollution de l’eau potable met aussi directement en danger notre santé.

Perte de production agricole due à la destruction de la fertilité des sols et de la biodiversité

Sans fertilité des sols et sans biodiversité, il n'y a pas de sécurité alimentaire. Or, l’utilisation massive de pesticides et d’engrais détruit les bases de la production agricole.

Plus la biodiversité au-dessus et dans le sol est abondante, plus les rendements agricoles sont élevés. Les systèmes de culture durable, tels que les cultures mixtes, l’agroforesterie et l’agriculture régénérative, augmentent la fertilité du sol et la biodiversité, remplaçant ainsi les pesticides et lesengrais. Cela garantit un meilleur rendement, de l’eau potable propre et une alimentation sûre. L’initiative demande de garantir ces fondements essentiels de la production agricole.

Dépassement des valeurs maximales pour les engrais

16 millions d'animaux de rente vivent en permanence en Suisse. Cet élevage dépend de 1,3 million de tonnes de fourrage importé, dont la valeur nutritive est si élevée qu'il permet de produire environ la moitié de la viande suisse.

Le fourrage importé génère trop de lisier et de fumier dans le pays, alors que sur les sols étrangers où ce fourrage est produit, ces éléments font défaut. Les valeurs maximales pour les engrais, fixées depuis 2008 dans les objectifs environnementaux de l'agriculture, sont massivement dépassées par la production animale basée sur les fourrages importés — de 70 % pour l'ammoniac gazeux azoté toxique rejeté dans l'air. Cela entraîne une surfertilisation de nos sols et de nos eaux, ce qui détruit la fertilité des sols et la biodiversité, fondements de notre production alimentaire. Des captages d'eau potable doivent être fermés en raison de teneurs en nitrates trop élevées. Le lac de Zoug est le 5e lac de Suisse à devoir être réoxygéné en raison d'un excès de lisier.

L'élevage en Suisse pollue l'air davantage que les transports, l'industrie et les ménages réunis

La Suisse est massivement surpolluée par des polluants atmosphériques azotés. Un tiers provient du trafic, de l'industrie et des ménages, deux tiers des émissions d'ammoniac de l'agriculture — dont 90 % de la production animale. L'élevage émet donc, par ses émissions d'ammoniac, presque deux fois plus de polluants atmosphériques azotés que le trafic, l'industrie et les ménages réunis. Cela renforce la crise climatique et entraîne la surfertilisation et l'acidification de nos sols, conduisant ainsi à une perte de fertilité des sols et de biodiversité. Les conséquences en sont des pertes de récoltes.

Les résistances aux antibiotiques se propagent via le lisier et le fumier jusque dans nos aliments et notre eau potable

En 2014, la Commission fédérale d'experts pour la sécurité biologique a qualifié les bactéries résistantes aux antibiotiques de « menace majeure pour la santé de la population suisse ».

Les antibiotiques sont utilisés dans presque tous les domaines de la médecine. Ils ont considérablement augmenté notre espérance de vie moyenne.

De nombreuses maladies infectieuses graves — autrefois principale cause de décès avant l'ère des antibiotiques — peuvent désormais être guéries. Mais ils perdent de plus en plus leur efficacité. Cela est dû notamment à l'usage excessif d'antibiotiques dans l'élevage. Cet usage favorise l'apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques, potentiellement mortelles. Ces bactéries se transmettent par l'intermédiaire du lisier et du fumier sur les terres agricoles, contaminant ainsi la chaîne alimentaire (légumes, fruits), les cours d'eau et même notre eau potable.

Conséquences

Initiative pour une alimentation sûre

vise à accroître l’auto-approvisionnement et donc l'indépendance de la Suisse

En particulier en encourageant un équilibre entre les aliments d'origine végétale et animale dans la production et la consommation, la Confédération doit viser un taux d'auto-approvisionnement net d'au moins 70%. Pour ce faire, elle n’exclut aucune forme d’alimentation. La réduction du gaspillage alimentaire - 1/3 des aliments finissent aujourd'hui dans les déchets alimentaires - est une autre mesure qu’il faut prendre en considération pour augmenter l'auto-approvisionnement.

garantit un approvisionnement en eau potable propre

Avec une planification et une stratégie fédérales qui font aujourd'hui défaut pour notre approvisionnement en eau potable, ainsi qu’une production alimentaire durable qui remplace les pesticides par une protection naturelle des plantes et respecte les valeurs maximales pour les engrais.

préserve la biodiversité et la fertilité du sol en tant que bases essentielles de la production agricole

Plus la biodiversité au-dessus et dans le sol est abondante, plus les rendements agricoles sont élevés. Les systèmes de culture durable, tels que les cultures mixtes, l’agroforesterie et l’agriculture régénérative, augmentent la fertilité du sol et la biodiversité, remplaçant ainsi les pesticides et les engrais. Cela garantit un meilleur rendement, de l’eau potable propre et une alimentation sûre. L'initiative demande de garantir ces fondements essentiels de la production agricole.

permet aux familles agricoles de bénéficier d’une plus grande stabilité en termes de production et assure un prix juste aux producteurs

Cultiver et transformer davantage de denrées végétales au pays plutôt que de les importer crée des emplois et de la richesse locale, augmente l’auto-approvisionnement du pays et entraine une concurrence saine et des prix justes pour les produits suisses.

encourage l’utilisation de semences et de plants naturels et reproductibles

Ces variétés peuvent être reproduites de manière naturelle et renforcent l’autosuffisance de l’agriculture suisse. Les variétés hybrides non reproductibles et le génie génétique, quant à eux, rendent notre approvisionnement alimentaire très dépendant de groupes tels que Syngenta et Bayer, tout en réduisant la diversité des cultures.

met fin à la surfertilisation

Les valeurs maximales pour les apports d'engrais fixées dans les objectifs environnementaux pour l’agriculture ne doivent plus être dépassées. Elles sont cruciales pour la quantité de denrées animales que la Suisse peut produire sans endommager l’environnement, et donc les fondements de l’agriculture et notre sécurité alimentaire. Environ 83 millions d'animaux de rente sont abattus chaque année en Suisse. La moitié d'entre eux ont été nourris avec des aliments importés.

vise à promouvoir un secteur agricole et alimentaire durable

Nos milliards de subventions, de même que la recherche, le conseil et la formation, ne doivent plus encourager qu’une production indigène durable et respectueuse du climat, qui assure un approvisionnement sûr en denrées alimentaires et en eau potable. Les agriculteurs et agricultrices bénéficieront d’un soutien financier pour faciliter cette transition.

vise à améliorer le bien-être animal en augmentant la proportion de denrées alimentaires végétales

Pour garantir notre sécurité alimentaire et le bien-être animal, l'initiative encourage un régime alimentaire plus axé sur les aliments végétaux, ainsi qu’une agriculture et une industrie agroalimentaire orientées vers ce type d’alimentation.  Aujourd'hui, la Confédération utilise l'argent des contribuables pour promouvoir les denrées alimentaires d'origine animale cinq fois plus que celles d'origine végétale.

Soutenir l'initiative
Equipe

Comité d'initiative

Daniel Hartmann
Ancien chef de la section Protection des eaux souterraines Office fédéral de l'environnement OFEV
Franziska Herren
Présidente de l'association «De l'eau propre pour tous»
Directrice de la fondation Visempio
Ruth Kuhn
Initiatrice par amour pour les êtres humains, la nature et les animaux.
Walter Kummer
Ancien entrepreneur, ferblantier industriel
Ariane Le Vaillant
Assistante sociale ES
Hermann Meier
Conseiller en orientation professionnelle et de carrière
Regina Steiner
Thérapeute complémentaire
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